Refondation du site Marcel Schwob ·

Suite à des difficultés techniques, le site marcel-schwob.org est en cours de refondation. Un nouveau site plus fonctionnel et plus riche en documents verra le jour courant 2014.

Marcel Schwob : un journaliste de l’espèce rare ·

Tel est le titre, emprunté à Jules Renard, de la thèse soutenue le 6 février 2014 à l’Université Lumière Lyon II par Cédric de Guido.
Postulant, dans la lignée des travaux de Marie-Ève Thérenty, qu’il n’y a pas d’antinomie entre presse et littérature mais une relation de fécondation, il revisite l’ensemble de l’œuvre schwobienne dans la perspective de sa publication dans la presse, qui détermine contraintes, choix d’écriture et première réception des textes. Désireux d’extirper Schwob des lectures symbolistes, Cédric de Guido réévalue le Schwob journaliste, auteur d’un traitement original du fait par diverses modalités de fictionalisation – incluant l’érudition – et propose à partir de celles-ci une nouvelle typologie des textes. Le dernier ouvrage achevé, Mœurs des Diurnales, apparaît alors comme un ouvrage majeur, horizon final de l’œuvre entier. Cette analyse de l’influence de la matrice journalistique sur les écrits de Schwob a reçu la mention très honorable avec les félicitations.
Il resterait à l’enrichir d’une étude sérieuse du contexte familial, socio-culturel et politique de cette activité journalistique, ainsi que de la prise en compte des plus de 1500 « Lettres parisiennes » inédites, publiées dans le Phare de la Loire familial, à Nantes. Le chantier est ouvert.

SPICILÈGE – CAHIERS MARCEL SCHWOB n° 6 ·

SPICILÈGE – CAHIERS MARCEL SCHWOB n° 6

La Société Marcel Schwob a le plaisir d’annoncer la publication de SPICILÈGE – CAHIERS MARCEL SCHWOB n° 6 (2013, 180 pages), centrés sur Les Sœurs de Monelle.

Responsables : Bruno Fabre / Agnès Lhermitte
Réalisation : Sylvie Douézy
Tarif : 15 euros
Les commandes sont à adresser à la Société Marcel Schwob
societe.marcel.schwob@gmail.com

Sommaire

Éditorial
Agnès Lhermitte

Dossier : les Sœurs de Monelle

L’art de l’esquisse et de la suggestion dans « Les Sœurs de Monelle »
_Émilie Yaouanq_

Les sœurs d’Ilsée
Agnès Lhermitte

Des enfants verts aux filles de pitié :
sur la réécriture schwobienne d’une anecdote médiévale
Jonathan Wenger

« La Rêveuse » et La Dernière fée de Balzac
Agnès Lhermitte

Trois réceptions critiques du _Livre de Monelle_ :
Arsène Alexandre (1894), Charles Keller (1894), Roger Judrin (1959)
Présentation par Agnès Lhermitte

Résonances : autour de Monelle

Trois sœurs de Monelle (extraits de Monelle de la nuit)
Michel Suffran

« Les sœurs de Monelle », hommage plastique à Marcel Schwob
Entretien avec Hervé Duetthe et Rose Coogan

Le Livre de Monelle et la bande dessinée
Bruno Fabre

Marcel Schwob
Mandragore

Poème d’hier : « Adieux à Monelle » (1904) de Jean-Marc Bernard
Présentation par Bruno Fabre

Poèmes d’ailleurs : Monelle dans la poésie espagnole contemporaine :
Eduardo Lizalde, Leopoldo María Panero, Luis Alberto de Cuenca, Luis Benítez, Ruth Lana
Présentation par Bruno Fabre

Mœurs des diurnales

Sur la bibliothèque imaginaire de Marcel Schwob dans Mœurs des Diurnales
Alain Chevrier

Documents

Octave Uzanne et Marcel Schwob : une relation sensible et bibliophilique
Bertrand Hugonnard-Roche

Annexes : deux articles d’Octave Uzanne sur Marcel Schwob

Cinq lettres d’Octave Uzanne à Marcel Schwob
Transcription par Bruno Fabre

Glanures : notes de lecture par Bruno Fabre et Agnès Lhermitte

Marcel Schwob aux « Cahiers de curiosités » ·

En référence aux cabinets de curiosités, « Les cahiers de curiosités », nouvelle collection de la maison d’édition charentaise Marguerite Waknine, rassemblent « des textes d’hier et d’aujourd’hui qui présentent un tel caractère unique, insolite et rare ». Le septième livret offre une réédition de La Croisade des enfants, un des textes de Schwob qui incarnent le mieux ces critères, ainsi que de neuf contes publiés dans L’Écho de Paris, non repris à l’époque en recueils, et remarquables par leur diversité. Selon le principe de la collection, les feuillets simplement pliés présentent les récits de façon claire, soignée et originale, puis en addenda des « repères » sur l’auteur et les œuvres rééditées, notamment sur l’énigmatique Croisade dite des enfants. Au catalogue, les contes de Marcel Schwob voisinent, entre autre bonne compagnie, avec des textes de Johannes Kepler, de Victor Segalen, d’Hégésippe Moreau, de René Crevel, de Charles Cros et de l’éditeur soi-même : Franck Guyon.
Marcel Schwob, La Croisade des enfants suivi de Nouvelles de L’Écho de Paris, éditions Marguerite Waknine, « Les cahiers de curiosités », Angoulême, 2013. 8€.

Schwob chez Francis Jammes ·

Bruno Fabre, « Francis Jammes et Marcel Schwob : une affectueuse connivence », suivi de « Choix de lettres échangées entre Francis Jammes et Marcel Schwob », Cahiers Francis Jammes, n° 1, dir. Mikaël Lugan, Orthez, Association Francis Jammes, 2012, p. 25-34 et 151-157.

Bruno Fabre fait ici le point sur une relation littéraire mineure mais harmonieuse, fondée sur l’estime réciproque. De rares rencontres, une correspondance modeste tissent, par-delà ce qui sépare le poète provincial et l’érudit parisien, une « affectueuse connivence ». Séduit dès 1894 par le talent du « poète d’Orthez », Marcel Schwob lui apporte son soutien dévoué – comme Mallarmé et Gide – et des relations précieuses (Moreno, qui lit ses vers, Claudel). Jammes se montre reconnaissant pour cette bonté et la fine compréhension de son œuvre. Lui-même admire en Schwob l’érudit, le causeur brillant, le lecteur envoûtant. Chez l’écrivain, il privilégie les textes imprégnés de l’esprit d’enfance où il retrouve son propre goût des petites choses et des humbles. L’article est complété par quelques lettres particulièrement éclairantes tirées de la correspondance des deux écrivains.

Deux traductions en Espagne ·

Marcel Schwob, La estrella de madera [« L’Étoile de bois »], introducción y traducción de Luis Gonzalez Platon, Madrid, Ediciones sequitur, 2009.
Anthologie de contes de Schwob moins connus que ceux de Vies imaginaires, Le Livre de Monelle et La Croisade des enfants, recueils déjà édités en Espagne. Après « L’Étoile de bois », jusqu’alors inédit en espagnol, le traducteur a choisi, afin de montrer la richesse d’une prose ciselée et sensuelle, quelques textes tirés de Cœur double (« Le train 081 », « Les sans-gueule », « L’homme gras », « Béatrice », « La moisson sabine », « Arachné », « Les striges ») ainsi que quatre des Mimes (« Kinné », « Les figues peintes », « La veillée nuptiale » et « L’amoureuse ») précédés de leur prologue. L’édition est annotée, et précédée d’une introduction personnelle, d’une biographie de Schwob et de la présentation de chacun des contes.

Marcel Schwob, El libro de Monelle, traducción y prólogo de Luna Miguel, Madrid, Ediciones Demipage, 2012.
Il ne s’agit pas, loin de là, de la première traduction en espagnol (Espagne ou Argentine) du Livre de Monelle, qui bénéficie de plusieurs éditions. Cette dernière traduction est due à une toute jeune poétesse et photographe, qui introduit le texte en rapprochant Monelle de Lolita et d’Alicia Lidell, des héroïnes de Grimm ou d’Andersen, de Zarathoustra ou d’un « Petit prince » qui aurait lu les poètes. Comme son collègue, elle présente en exergue quelques extraits de poèmes espagnols contemporains dédiés à Schwob, à Monelle.

Marcel Schwob et la fin de siècle ·

La première génération des spécialistes de la « fin de siècle » quitte la carrière universitaire avec un beau cadeau de départ. Après le livre de Jean de Palacio consacré à La Décadence (2011), synthèse sur la notion qui avait fait l’objet de ses nombreux ouvrages, voici celui de son collègue belge Christian Berg, L’automne des idées. Ce volume réunit une sélection d’articles aux démarches variées, publiés par lui tout au long de sa carrière dans les deux domaines dont il est le spécialiste sans frontières : le monde littéraire et culturel de la fin du XIXe siècle en France et en Belgique francophone. La première partie, « L’automne des idées », rassemble neuf articles autour du sentiment de décadence qui travaille écrivains et artistes français et belges (Daudet, Bourges, Lorrain, Verlaine, Huysmans, Rodenbach, Elskamp, Rops, Khnopff…). Le titre de la troisième partie parle de lui-même : « Schopenhauer et les Symbolistes belges » – soit Rodenbach, Verhaeren, Maeterlinck, Van Lerberghe et Elskamp.

Quant à la deuxième, « Signes et signes de signes », elle rappelle l’importance accordée à Marcel Schwob par Christian Berg, un des maîtres d’œuvre des deux colloques consacrés à Schwob, en 1998 à Bordeaux et en 2005 à Cerisy, ainsi que des deux volumes des actes correspondants, également vice-président de la Société Marcel Schwob et auteur de cinq articles sur cet écrivain. Alors que Schwob est totalement absent de l’ouvrage de J. de Palacio – ce qui empêche au moins de le classer parmi les décadents – il est représenté dans celui de Ch. Berg par trois de ses articles : « Marcel Schwob, le récit bref et l’esprit de symétrie », « Signes de signes. Marcel Schwob et le rapport mystérieux des signes », et « Marcel Schwob et “La Terreur future” ». C’est dire que les réflexions esthétiques et sémiologiques avant la lettre du « plus intelligent des conteurs » (Michel Raimond), remarquablement analysées dans ces trois textes, éclairent, aux yeux de Ch. Berg, l’émergence, dans cette crise des signes, d’une littérature-simulacre jouant de l’artifice et du trompe-l’œil – comme celle de Huysmans, Lorrain, O. Wilde…

La reproduction, sur la couverture, du tableau de Fernand Khnopff, Memories, rappelle la part de l’expression picturale dans les études qu’il prélude opportunément avec son étrangeté crépusculaire.

Christian BERG, L’automne des idées – Symbolisme et Décadence à la fin du XIXe siècle en France et en Belgique, Études réunies par Kathleen Gyssels, Sabine Hillen, Luc Rasson et Isa Van Acker, Louvain, Éditions Peeters, « La République des Lettres » 52, 2013, 368 pages.

Jean de PALACIO, La Décadence – Le mot et la chose, Paris, Les Belles Lettres / essais, 2011, 341 pages.

Marcel Schwob à Berlin ·

En 1913, Kurt Wolff fonde à Leipzig une maison d’édition légendaire, où il publie dès l’année suivante La Croisade des enfants de Marcel Schwob, dans une traduction d’Arthur Seiffhart. Le centième anniversaire de cette maison d’édition donne lieu, en 2013, à une série de manifestations qui associent des éditeurs indépendants en Allemagne, Autriche, Suisse et Luxembourg, dans ces pays respectifs ainsi que sur les Foires de Leipzig et de Francfort. Parmi eux, Elfenbein, qui a réédité l’an dernier La Croisade des enfants assortie d’une postface de Gernot Krämer, spécialiste de Marcel Schwob, ouvre précisément la série des célébrations, le samedi 19 janvier, avec une présentation – lecture de cet ouvrage.

100 Jahre Lesungen
« Der Kinderkreuzzug »
Elfenbein Literaturhandlung – Gaudystrasse 8 – 10437 Berlin-Prenzlauer Berg – 19-01-2013 – 20 h 30.

SPICILÈGE – CAHIERS MARCEL SCHWOB n° 5 ·

La Société Marcel Schwob a le plaisir d’annoncer la publication de SPICILÈGE – CAHIERS MARCEL SCHWOB n° 5 (2012, 210 pages), centrés sur Le Livre de Monelle.

Responsables : Bruno Fabre / Agnès Lhermitte
Réalisation : Sylvie Douézy
Tarif : 15 euros
Les commandes sont à adresser à la Société Marcel Schwob
societe.marcel.schwob@gmail.com

SOMMAIRE

ÉDITORIAL
Agnès Lhermitte

Vers le royaume blanc
Florence Delay

DOSSIER : Le Livre de Monelle

Le Livre de Monelle  : quelques éléments de génétique textuelle
Agnès Lhermitte

Annexe  : « Les petites prostituées »
Marcel Schwob

Le Livre de Monelle et ses enjeux génériques :
proposition d’une lecture de l’œuvre comme recueil
Alexia Kalantzis

Deuil, création et souvenir dans Le Livre de Monelle
Robert Ziegler

Livre tombeau, livre berceau : poétique du deuil dans Le Livre de Monelle
Valérie Michelet Jacquod

Bibliographie sur Le Livre de Monelle
Bruno Fabre

DOCUMENTS

Louise-Vise : de la réalité à la fiction
Bruno Fabre

Correspondance autour du Livre de Monelle : lettres reçues par Marcel Schwob
Bruno Fabre

Une critique de Marcel Schwob dans L’Occident  : « Propos » par Raoul Narsy
Vincent Gogibu

RÉSONANCES : autour du Livre de Monelle

« Des vers pour Monelle » : La Chambre blanche d’Henry Bataille
Bruno Fabre

Tancrède de Léon-Paul Fargue et Le Livre de Monelle
Bruno Fabre

La lettre et l’esprit : Maurice Delage et son adaptation mélodique
d’un fragment du Livre de Monelle
Jean-Louis Meunier

Monelle sur les ondes : deux adaptations radiophoniques
Agnès Lhermitte

Annexe : Monelle de la nuit
Michel Suffran

Monelle au théâtre : l’adaptation de Zouzou Leyens
Agnès Lhermitte

La Voix de Monelle, par Martin Moulin
Agnès Lhermitte

Vers un autre royaume
Stéphane Diemer

GLANURES
Agnès Lhermitte et Bruno Fabre

Marcel Schwob, « l’homme aux livres » ·

Au cœur d’une réflexion magistrale sur le livre et l’imprimé fin-de-siècle, Évanghélia Stead réunit – dans une version remaniée et augmentée – trois de ses écrits consacrés à Schwob (sa communication au colloque Schwob de Cerisy-la-Salle et ses deux articles publiés dans le Catalogue de l’exposition sur Schwob à Nantes), pensés dès l’origine comme un ensemble qui évoque un auteur incarnant un « homme aux livres ». Que ce soient les images de Schwob portraituré en lecteur (par Spicer-Simson ou Grandjouan), sa passion pour la bibliophilie (en tant que collectionneur et érudit), son attention accordée à la matérialité de certains de ses ouvrages (Mimes et le fac-similé du Petit et du Grand Testament de Villon) et l’imaginaire du livre ancré dans son œuvre de fiction, les figures du lettré et du créateur s’interpénètrent sans cesse chez cet amoureux des livres. La trentaine de pages consacrées à Schwob inscrivent cet « homme aux livres » dans une série d’études idiosyncrasiques avec lesquelles elles entrent en résonance, tout en illustrant d’une manière singulière l’intérêt de l’époque pour les virtualités imaginaires et poétiques de l’objet-livre. Au-delà de l’approche novatrice qui appréhende le livre fin-de-siècle dans sa matérialité et sa sensualité, l’ouvrage d’Evanghélia Stead ravit par une iconographie magnifique et fascinante. Signalons la reproduction de la couverture de Mimes par George Auriol – très peu connue – pour l’édition du manuscrit autographe édité en fac-similé (1893), une acquisition très récente de la Bibliothèque municipale de Nantes.

Évanghélia Stead, La Chair du livre – Matérialité, imaginaire et poétique du livre fin-de-siècle, PUPS, coll. « Histoire de l’imprimé », 2012, 512 p., 243 fig.

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